La violence et le sacré rené girard pdf

Le désir mimétique peut être une bonne illustration de ce que nous avons analysé avec Spinoza sous l’expression de nécessité passionnelle. L’auteur part du constat que la nature n’a pas fixé les objets de la violence et le sacré rené girard pdf désirs, cette indétermination conduisant souvent les hommes à s’en remettre aux autres pour élire tel ou tel objet. L’illusion subjectiviste consistant à penser que nos désirs se fondent dans notre spontanéité.

Un être imaginaire comme Amadis de Gaule, où est né le Christ ? Il existerait donc un désir original, vous ne semblez pas comprendre correctement la thèse de Girard dans la mesure où vous présupposez le principe d’un  désir originel . Je suis désolée, dans la médiation interne, autrement dit que l’intersubjectivité est fondatrice de la subjectivité. Comment je peux désirer ce que l’autre ne désire plus?

L’illusion objectiviste consistant à croire que ce sont les qualités intrinsèques de l’objet qui font sa séduction. Il montre qu’il y a un triangle du désir. Il est l’imitation du désir de l’autre. Ex: Dans Le Rouge et le Noir Stendhal décrit un Mr de Rénal désireux de faire de Julien Sorel le précepteur de ses enfants, non point parce qu’il apprécie la culture de Julien mais parce qu’il imagine que son grand rival, Valenod le désire aussi. Ex: La publicité met en scène des objets susceptibles de flatter le désir du consommateur.

René Girard distingue la médiation externe et la médiation interne. Dans la médiation externe, l’imitateur et son modèle ne sont pas de même niveau, tant social que moral. C’est soit, un être imaginaire comme Amadis de Gaule, le modèle héroïque de Don Quichotte, soit un Dieu pour ceux qui imitent le Christ, soit le roi, ou l’aristocrate pour le manant. Le modèle est alors un objet d’admiration avec lequel l’imitateur ne peut jamais entrer en concurrence. Dans la médiation interne, en revanche, le modèle et l’imitateur sont de condition équivalente. Cette situation est celle des sociétés démocratiques.

Or, si ce qui fait la séduction de telle femme à mes yeux, c’est d’être désirée par un homme que j’imite parce qu’il revêt pour moi un certain prestige, il n’est pas exclu que mon modèle puisse m’empêcher de posséder l’objet de mon désir en se l’appropriant. Comprendre que les hommes sont dans des rapports de rivalité mimétique revient ainsi à prendre conscience que plus une société devient égalitaire plus elle suscite l’envie entre ses membres car la moindre différence inégalement valorisée peut la susciter. C’est ce que Rousseau appelait la plus intime des aliénations. Il la décrivait comme le propre de l’homme civil dont le centre de gravité n’est plus, comme ce serait le cas d’un sauvage, en lui mais hors de lui dans le regard des autres. NB : C’est là le thème de la corruption de la nature humaine par le social, thème ayant rendu Rousseau célèbre au prix de regrettables malentendus. Posté dans Chapitre IV – Désir.

Cet article en particulier m’a vraiment aidé ! En effet, le vaniteux romantique que je suis voudrais se persuader que mon désir de Clémentine est inscrit dans la nature de Clémentine ou au contraire, et cela revient au même, qu’il émane de ma personne, comme d’une source divine. Et on remarquera que désirer à partir de soi ou de l’autre, c’est parail comme le rappelle Simone Manon, ou plutôt, c’est équivalent. C’est l’illusion d’autonomie qui dissimule l’obsession de l’autre, qui serait une attitude moderne par excellence. J’admire René Girard et ai beaucoup lu à son sujet, mais je ne comprends toujours pas à quoi sa théorie du désir s’applique et à quoi elle ne s’applique pas. Autrement dit René Girard refuse-t-il toute autonomie du désir, ou veut-il simplement dire que, dans nos sociétés démocratiques, le désir est de plus en plus mimétique, que la pathologie du désir mimétique s’étend ?